Foire aux questions
- (Passez consulter notre petit lexique!)
-
"Quelle est la cause de votre infertilité?"
- Malgré la panoplie d'examens passés, aucune
cause n'a été détectée. Un médecin
nous a déjà dit que nous étions peut-être
seulement malchanceux... comme ces couples qui attendent près
de dix ans avant que le miracle se produise enfin, et qui ont
eu le temps de prendre d'autres décisions pour leur avenir!
"Avez-vous vécu la même chose que Céline
Dion et René Angelil?"
- L'intervention médicale est sensiblement la même
mais certains points de nos démarches sont différents:
-
- L'infertilité de Céline et René est
directement causée par les traitements contre le cancer
qu'a subits René. Quant à nous, la cause de notre
infertilité demeure inconnue.
-
- Avant ses traitements, René a fait congeler son sperme
afin de l'utiliser ultérieurement. N'ayant pas ces contraintes
de temps, nous avons pu utiliser le sperme "frais"
d'André pour les nombreuses inséminations artificielles
puis pour la fécondation in vitro.
-
- Pour le célèbre couple, inutile de perdre du
temps et de gaspiller le précieux sperme. Ils sont allés
directement en fécondation in vitro. Quant à nous,
nous avions bon espoir d'atteindre notre but avant d'aller si
loin. Nous avons donc commencé par l'hormonothérapie
puis l'insémination artificielle.
-
- Afin de maximiser les chances de réussite, Céline
et René ont opté pour la micro-injection de spermatozoïdes
dans les ovules. Après trois jours de culture, on ne sait
pas combien d'embryons étaient en vie, mais trois furent
transférés dans l'utérus de Céline,
dont un survécu: leur fils. Sur le nombre x d'embryons
restants, un s'est rendu à cinq jours de culture pour
être mis en congélation. Il pourrait éventuellement
devenir le frère ou la soeur du premier bébé.
De notre côté, la fécondation s'est faite
sans micro-injection. Après deux jours de culture, huit
embryons étaient en vie. Nous avons donc opté pour
la culture prolongée avant le transfert (exclusive à
la clinique Procréa). À six jours de culture, quatre
embryons étaient toujours disponibles. Deux furent transférés
dans l'utérus de Francine et survécurent: nos deux
filles. Les deux autres ont été mis en congélation.
"Est-ce que vous aviez peur d'avoir des triplé ou
même plus?"
- Seuls deux embryons ont été transférés
dans l'utérus de Francine. Et il ne faut pas oublier que
nous désirons fonder une famille depuis quatre ans!...
Nous espérions donc de tout notre coeur avoir des jumeaux,
et nous sommes comblés! D'une façon ou d'une autre,
il aurait été impossible d'avoir plus que des triplés
puisque chez Procréa, on tranfert un maximum de trois
embryons après deux jours de culture. Après une
culture prolongée, le maximum passe à deux embryons
car le taux de succès est tel qu'il est inutile (et risqué)
d'en transférer davantage.
-
"La fécondation in vitro et in vivo,
est-ce la même chose?"
- La fécondation in vivo est un "compromis"
entre l'insémination artificielle et la fécondation
in vitro. On l'appelle le plus souvent "insémination
avec super ovulation". Après une stimulation de l'ovulation
semblable à celle de la fécondation in vitro,
on procède à l'insémination artificielle,
c'est-à-dire l'injection du sperme dans l'utérus.
Cette démarche peut être risquée car dépendant
de la cause de l'infertilité, il peut ne pas y avoir plus
de succès qu'une insémination artificielle "ordinaire",
malgré la très forte stimulation de l'ovulation.
Mais le plus grand risque de la fécondation in vivo
est de causer des grossesses multiples "spectaculaires"
(les histoires de 4, 6, 8 bébés...). En effet,
les hormones injectées peuvent mener à maturité
complète jusqu'à une quinzaine d'ovules, et puisque
ces ovules ne sont pas prélevés et fécondés
en laboratoire, on perd le contrôle du nombre d'embryons
qui s'implantent... C'est pourquoi le suivi de l'ovuation par
échographie et prise de sang, ainsi que le jugement du
médecin sont essentiels.
"Vos jumelles sont-elles identiques?"
- Il s'agit de jumelles "dizygotes, diplacentaires et
dichorioniques" (À vos dictionnaires!). Elles sont
nées chacune d'un ovule et d'un spermatozoïde différent.
Pour l'instant, elle n'ont que l'espace de l'utérus à
se partager, car elles ont chacune leur placenta et leur poche
des eaux. Nos petites se ressembleront autant que peuvent se
ressembler deux soeurs "ordinaires" mais du même
âge. Elles peuvent bien sûr nous faire des surprises
car elles ont un bagage génétique différent
l'une de l'autre. De toute façon, jumeaux ou pas, identiques
ou pas, tous les bébés sont uniques, n'est-ce pas!
"Francine devra-t-elle subir une césarienne
puisqu'elle a deux bébés?"
- L'accouchement de jumeaux ne signifie pas automatiquement
qu'il faut une césarienne. Comme pour un seul bébé,
l'option de départ est l'accouchement naturel, et il demeure
possible de devoir procéder à une césarienne
en cas de problème. La principale raison d'une césarienne
serait que le premier bébé se présente par
le siège sans possibilité de le retourner ni de
le faire passer quand même. Si le premier, ou les deux,
se présente par la tête, on pourra laisser la nature
faire son travail. S'il n'y a que le deuxième qui se présente
par le siège, il est possible qu'il passe car le premier
lui aurait "ouvert le chemin".
"Y a-t-il d'autres jumeaux dans vos familles?"
- Il n'y en a pas de l'âge ou de la génération
de nos petites. Dans la famille de Francine, il n'est pas impossible
qu'il y en ait d'ici quelques années (plusieurs cousins
et cousines espèrent transmettre cet héritage de
leur grand-mère Ida!). Dans notre cas, ce privilège
ne nous vient pas de l'hérédité mais bien
de nos démarches médicales...
-
- "Florence et Rosalie sont-elles nées prématurément
à cause de la fécondation in vitro?
- "Florence et Rosalie sont-elles nées prématurément
parce qu'elles sont des jumelles?"
- Dans notre cas, la naissance prématurée de
nos bébés était un "accident de la
nature" qui aurait pu arriver avec un seul bébé
conçu de façon "naturelle". Nous avons
connu des parents à l'hôpital à qui il est
arrivé à-peu-près la même chose malgré
une conception et une grossesse des plus "ordinaires".
Il est vrai, cependant, que d'un point de vue statistique, la
FIV augmente les chances de grossesses doubles ou triples, et
que ces grossesses ont de forts risques de ne pas se rendre à
terme. Par contre, ce serait une erreur de croire que la fécondation
in vitro amène inévitablement des grossesses
multiples et des naissances prématurées. Ça
ne vient pas avec automatiquement!
-
- "Vos petites sont-elles en santé malgré
leur conception in vitro?"
- "Vos petites sont-elles en santé malgré
leur grande prématurité?"
- La conception in vitro elle-même n'affecte aucunement
la santé des bébés. Peu importe où
et comment l'ovule et le spermatozoïde se rencontrent, ils
donneront au bébé à venir le bagage génétique
qu'ils ont à donner, et la santé qui vient avec.
Nous n'avions donc aucune inquiétude à ce sujet.
-
- Par contre, des bébés nés prématurément
comme les nôtres ont une chance sur deux d'en garder des
séquelles, de légères à graves. Nous
avons fait tout ce que nous pouvions comme parents, suivant les
meilleurs conseils que nous recevions, et nous avons compté
sur la chance pour le reste. Car la différence entre un
enfant qui garde des séquelle et celui qui n'en garde
pas peut n'être qu'une question de chance! Et nous avons
eu cette chance!... Après examen sous toutes les coutures,
Florence et Rosalie sont en parfaite santé. À maintenant
deux ans corrigés, nous pouvons enfin cesser de corriger
leur âge puisqu'elles se retrouvent dans les normes (ou
au-dessus) pour tous les critères d'observation du développement.
-
- "Voulez-vous d'autres bébés?"
- "Allez-vous faire une autre FIV?"
- "Que sont devenus les autres embryons conçus
lors de la fécondation in vitro?"
- Lors de notre FIV, quatre embryons étaient arrivés
au stade de blastocyste (embryons de 5 à 7 jours). Deux
furent transférés, qui sont aujourd'hui Florence
et Rosalie. Les deux autres ont été mis en congélation
dans le but de tenter un transfert dès que possible. Le
processus a été entamé au printemps 2002,
sans résultat, malheureusement. Les embryons n'avaient
pas survécu à la congélation. Malgré
que nous sachions que les chances de réussite étaient
très minces (les blastocystes sont extrêmement fragiles
à la congélation), nous avons reçu la nouvelle
avec tristesse. Nous avons revécu ce moment exceptionnel
où nous avions vu les quatre embryons au microscope. Nous
avons réalisé à quel point ces deux embryons
avaient continué "d'exister". Nous avions un
peu l'impression de vivre un genre de fausse-couche après
avoir porté des bébés dans notre tête
et notre coeur pendant deux ans.
-
- Nous étions prêts à l'éventualité
(très improbable) d'une autre grossesse gémellaire!
Mais nous avions déjà décidé que
nous ne recommencions pas une fécondation in vitro. Faire
décongeler ces embryons était pour nous le dernier
chapitre de l'histoire de nos traitements de fertilité.
La page dernière page est tournée. Un autre livre
est à écrire, celui de notre vie de famille avec
Florence et Rosalie!
"Donnez-nous des nouvelles de la petite famille!"
- Avec plaisir! En images et
en mots...
-
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