Donner la vie... (accueil)

Une expérience inoubliable

Une cause à défendre

Remerciements et références

Vos réactions Vos questions

Une cause à défendre

Trois fois plus de FIV
si le gouvernement les remboursait
 
La Presse, 28 mai 2000
NADINE FILION
Collaboration spéciale
 

Le traitement le plus fructueux dans la lutte contre l'infertilité demeure la fécondation in vitro (FIV). Le Dr Pierre Miron, fondateur de la clinique Procréa de Montréal, croit que si l'État défrayait les coûts reliés à la FIV, ce sont entre 2000 et 3000 interventions qui seraient réalisées chaque année au Québec.

Au lieu de quoi, on n'en compte annuellement que 800. Elles sont effectuées chez Procréa ou au centre de reproduction McGill.

Les clients sont des gens qui ont la capacité de débourser jusqu'à 7500$ par intervention. Et qui, parfois, viennent d'ailleurs. "On a des bébés en Russie, en Guadeloupe et même en Afrique!" se réjouit le Dr Miron.

Aux États-Unis, au moins dix États ont forcé les compagnies d'assurances à inclure les traitements contre l'infertilité dans leurs contrats. En Ontario, la FIV est défrayée par le gouvernement procincial lorsque des "raisons médicales sérieuses" sont invoquées. Et en France, jusqu'à quatre FIV sont remboursées par le gouvernement. Bien souvent, il n'en faut pas autant. "À la troisième tentive, explique le Dr Miron, les trois quarts des femmes sont enceintes. C'est du 74% de taux de succès, ça." Taux de fausses couches: 10%, "comme dans la population générale" soutient le médecin.

La FIV est destinée à ces couples qui, sans aucun traitement médical, n'auraient guère plus que 2% des chances de mettre un enfant au monde. La FIV les ramène dans les rangs dits "normaux" des 15% à 30% de fertilité mensuelle.

FIV et insémination artificielle

Mais qu'est-ce que la FIV? La technique a été pratiquée pour la première fois en 1978, à Cambridge, en Angleterre. Il s'agit encore aujourd'hui de reconstituer en laboratoire les premières étapes de la grossesse. Une grossesse cependant amplifiée par l'injection quotidienne d'hormones chez la femme, ce qui stimule l'ovulation au point qu'une dizaine d'ovocytes peuvent voir le jour.

Les ovules, retirées des trompes lorsqu'arrivés à maturation, rencontrent les spermatozoïdes sous la loupe du microscope. Si ces derniers sont trop faibles pour traverser la carapace de l'ovule, on leur donne une petit coup de pouce avec une injection dite "intracytoplasmique".

Ce n'est que 48 heures plus tard que l'on sait combien d'embryons ont été fécondés. Pour l'heure, les corps médicaux en sélectionnent trois, avant de les transférer dans la cavité utérine de la femme. Des avancées technologiques permettent depuis peu de cultiver l'embryon en laboratoire pendant cinq jours. "Cela nous permet d'être plus sélectifs et d'ainsi faire passer le taux de succès de 30% à 50%" rapporte le Dr Miron.

La principale complication? Les grossesses multiples, dans 35% des cas. Mais la plupart des couples, jusqu'alors infertiles, ne s'en plaignent pas...

Depuis la fondation de Procréa, en 1990, plus de 600 bébés ont été conçus par FIV dans les laboratoires de la rue Beaumont, à Montréal. Mais parce que la FIV est coûteuse, les couples souffrant d'infertilité (ils seraient entre 75 000 et 100 000 au Québec) se rabattent sur l'insémination artificielle.

Cette technique consiste à injecter les spermatozoïdes, au moment opportun, directement dans le col de l'utérus, augmentant ainsi les chances de rencontres avec l'ovule.

L'infertilité, une maladie

L'infertilité a été reconnue comme maladie par l'Association des obstétriciens et des gynécologues du Québec en 1993.

"Et comme toute maladie, elle doit être soignée, s'indigne Francine. Elle peut être guérie grâce à des traitements appropriés. Les personnes touchées ont droit aux meilleurs traitements existants et ce gratuitement au Québec."

Réponse de Pierre Michaud, à la direction générale des sercices à la population du ministère de la Santé: "Du point de vue éthique, plusieurs questions d'ordre médical et social doivent être étudiées (...). D'une part, la technique est récente et le ministère n'est pas en mesure d'évaluer les impacts sociaux et individuels qu'elle provoque. D'autre part, il est encore trop tôt pour mesurer les risques qu'elle pourrait représenter pour la santé de la femme et surtout pour celle de l'enfant."